L`îlot linguistique de Wischau

Situation géographique
Au bord de la plaine fertile « Hanna », le grenier à grains de la Moravie, il y avait l´îlot linguistique allemand de Wischau, situé à environ 30 km à l`est de la capitale Brünn et à 15 km au nord-est d'Austerlitz où Napoléon Ier gagna la bataille de l'Empire dite « des 3 Empereurs » sur les empereurs d'Autriche et de Russie.

Histoire
Après avoir été massivement dépeuplé à cause de la famine et des épidémies de peste, le pays a été ensuite repeuplé par les Allemands qui s'y sont installés vers le milieu du 14ième siecle.
Du fait que les villages et les forêts étaient la propriété des monastères, les seigneurs ecclésiastiques ont fait venir des nouveaux colons de leurs cloîtres fondateurs de Bamberg, Augsburg et Brixen. Le territoire de langue allemande s'étendait autrefois à environ 60 villages.
Jusqu'à l'expulsion il n'y avait cependant plus que les 8 villages Gundrum, Hobitschau, Kutscherau, Lissowitz, Rosternitz, Swonowitz, Tereschau et Tschechen avec environ 3000 habitants.

La vie dans l'îlot linguistique
Les habitants étaient en majorité des cultivateurs. Leur vie quotidienne était marquée par un dur travail. Le sol fructueux leur permettait une bonne récolte si bien que la famille pouvait subvenir à elle même.
Les sources de revenus étaient la vente de lait, d'oeufs, de céréales et surtout de betteraves à sucre.
La population entière étant de religion catholique, les différentes fêtes religieuses marquaient le cours de l'année. Ainsi et grâce à la solidarité dans l'îlot linguistique, les anciennes coutumes s'y sont longtemps maintenues et sont restées authentiques. 4 villages possédaient même une église et une cure.
On insistait également beaucoup sur une éducation scolaire allemande. Ainsi dans 6 villages il y avait une école primaire allemande et à Lissowitz une école du citoyen, ce qui correspond maintenant à notre collège.

Particularités
L'isolement par rapport à d'autres régions de langue allemande a eu pour conséquence que la langue est restée principalement dans sa forme initiale. On parlait démonstrativement le dialecte du centre de la Bavière pour montrer son appartenance à l'îlot linguistique de Wischau. Une particularité était que l'on prononçaît le « w » comme un « b ».
Les villages étaient constitués de maisons, construites le long d'une rue principale. Les maisons basses, recouvertes de chaume, avaient une partie saillante haute d'un étage du côté façade qu'on appelait « Sölder ».
Le costume régional était cependant la particularité, la plus remarquable dans cet îlot. Il est resté dans tous les villages comme symbole vivant du costume paysan. Hommes et femmes, des bébés aux vieillards portaient exclusivement ce costume comme vêtement. Ainsi l'îlot était souvent désigné comme musée vivant.
Le costume des femmes est très coloré et montre de très nombreuses broderies faites à la main. Le signe le plus caractéristique est la collerette amidonnée et qu'on appelle « Tatzl ».

Les habitants de Wischau aujourd'hui.
Après l'expulsion de 1945/46 les habitants de l'îlot ont trouvé une nouvelle patrie dans toute l'Allemagne mais aussi dans d'autres pays.
À Aale, a été crée en 1949 le « groupe de travail de l'îlot linguistique de Wischau » et ceci afin de réunir les differentes familles et afin de les aider en ce qui concerne les indemnités. Il s'est donné également pour but de conserver et d'entretenir la culture et le patrimoine.
Le groupe de danse et costume folklorique de l'association participe à différentes manifestations et présente avant tout les costumes traditionnels d'origine dans son pays et à l'étranger.